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Décoder les pleurs de son bébé, c’est possible !

Quel parent n’a pas rêvé que son bébé naisse avec un mode d’emploi ? Une notice qui dirait pourquoi il pleure et quoi faire pour l’apaiser ? 

Et bien, figurez-vous que ce rêve est en fait accessible à tous ! Oui, oui : grâce à Priscilla Dunstan, une australienne qui a passé des centaines d’heures à écouter et à analyser des pleurs de bébés du monde entier. Ce qu’elle a découvert est complètement ahurissant : TOUS les bébés parlent le même langage ! Et la bonne nouvelle, c’est qu’avec un peu d’entrainement, on peut apprendre à le décoder. C’est ce qu’on appelle le DBL, pour Dunstan Baby Language.

Comment ce langage a-il été découvert ?

Fille d’une prof de musique, Priscilla Dunstan a toujours baigné dans un univers sonore riche. Elle est dotée d’une ouïe exceptionnelle qui lui a permis de commencer à pratiquer le violon à deux ans, puis le chant lyrique un peu plus tard. Elle s’est aperçue que notre voix est modifiée par notre état physiologique et émotionnel. Par exemple, si nous avons peur, des « trous » harmoniques se forment dans nos mots.

A la naissance de son fils, elle était persuadée que ses pleurs avaient une signification (même si elle lui échappait totalement). Elle a commencé à transcrire sur un carnet les sons qu’elle entendait, si elle arrivait à le calmer, et comment. Grâce à ce journal des pleurs, elle a établi les débuts d’une correspondance entre les sons émis par son bébé et les solutions pour l’apaiser. Cette découverte a tellement changé sa vie de jeune maman, qu’elle a voulu aller plus loin pour aider d’autres familles.

S’en est suivi un programme de recherche qui a duré 13 ans, dans 7 pays, avec plus de 1000 bébés, représentant 30 ethnies différentes. Les résultats ont non-seulement confirmé les premières observations de Priscilla, mais ils ont aussi permis de comprendre les mécanismes à l’origine de ce langage universel.

Des sons basés sur des réflexes physiologiques innés

Priscilla Dunstan s’est intéressée en particulier aux pré-cris, avant que les bébés ne hurlent à pleins poumons et qu’il ne soit impossible de reconnaitre le moindre son. 

Elle a montré que chaque son trouve en fait son origine dans un réflexe archaïque, qui est le même chez les bébés du monde entier. La combinaison du réflexe et du son va produire un « mot » caractéristique d’un besoin. Par exemple, le réflexe physiologique associé à la faim est la succion. Un bébé qui pleure parce qu’il a faim va produire une signature sonore typique liée à la position de sa bouche.

Il faut savoir que la transcription des sons des bébés en mots ne peut pas être parfaite car elle ne peut pas inclure la respiration. En tant qu’adultes, nous respirons entre les mots, mais les bébés respirent « à l’intérieur » du son. Or, cette information est perdue lors de la transcription.

Comment décrypter les pleurs de son bébé ?

Voilà quelques conseils et astuces pour vous aider à apprendre cette nouvelle langue, certes un peu exotique, mais fort utile. Je vous rassure, elle ne comporte que neuf mots, donc ça ne devrait pas demander un doctorat pour commencer à baragouiner un peu.

  • Allez voir les vidéos de pleurs sur Youtube, en particulier celle de Priscilla Dunstan dans l’émission d’Oprah Winfrey.
  • Essayez de reproduire les sons, idéalement en vous regardant dans un miroir pour observer les mouvements de votre bouche. Le ridicule ne tue pas, et cela vous permettra de ressentir dans votre corps ce qu’éprouve le nourrisson. Ainsi, vous mémoriserez mieux les sons et leur signification.
  • Concentrez-vous sur le pré-cri : c’est à ce moment là que les « mots » sont les plus clairs et faciles à comprendre.
  • Si le pré-cri est dépassé, essayez d’isoler le « mot » dans les pleurs. Le fait de prendre le bébé dans ses bras permet de casser le cycle des pleurs et lui donne l’occasion de « parler » plus distinctement.
  • N’hésitez pas à enregistrer les pleurs pour les visionner plus tard, au calme. Ce sera sûrement plus facile pour vous d’identifier les sons à ce moment-là.

Et si vous n’arrivez pas à reconnaitre le son produit par votre bébé, la meilleure chose à faire est de le prendre dans vos bras. A une exception près : si vous sentez que vous êtes à bout et que vous risquez d’être violent.e avec lui, posez-le dans un endroit où il sera en sécurité, dans son lit par exemple, et quittez la pièce pour appeler quelqu’un à la rescousse : conjoint, famille, amis ou professionnel.

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Les 3 mots des nouveaux-nés

A la naissance, un bébé prononce 3 mots universels, qui correspondent à ses besoins les plus importants :

  • Nèh : « j’ai faim »

Quand il a faim, le bébé commence à vouloir téter. La langue remonte alors vers le palais, et si le bébé pleure à ce moment là, vous entendrez distinctement le son nasal « Nèh ». La bouche est à moitié ouverte et la langue s’avance dans un mouvement de succion. Si vous ne répondez pas rapidement, les pleurs vont s’amplifier et le son caractéristique va petit à petit être parasité par d’autres sons et sera plus difficile à reconnaitre.

  • Aoh : « j’ai sommeil »

Un bébé qui a sommeil va bailler. Et en baillant, il va produire un son qui ressemble à « Aoh », encore une fois plus facile à reconnaitre dans la phase du pré-cri. Ce « mot » vient en général avant même les autres signes habituels de fatigue : frotter ses yeux, mouvements agités du poing vers la bouche, mouvements brusques et irréguliers. Et comme un bébé s’endort plus facilement avant d’être épuisé, il peut être vraiment utile de reconnaitre le son « Aoh ». Pour vous aidez à le repérer, observez la forme ovale de la bouche due au réflexe de bâillement.

  • Èh : « j’ai un rot à faire »

Le son « Èh » est un son réflexe qui est produit quand le bébé essaye d’expulser l’air bloqué dans son estomac. Quand nous, adultes, nous trouvons dans la même situation, nous pouvons changer de position pour aider l’air à sortir. Le bébé, lui, ne peut pas, et se trouve dans une réelle situation d’inconfort. Donc si vous entendez « Èh », c’est le moment de prendre votre bébé sur l’épaule pour l’aider avant que le son ne soit perdu dans des pleurs plus forts !

Les mots de six semaines et douze semaines

En grandissant, votre bébé va faire de nouveaux sons ! Ces deux-là apparaissent vers six semaines :

  • Èèrh : « j’ai des gaz dans l’abdomen »

Le bébé a généralement les poings fermés et les jambes raides. Ce son a une résonance insistante, urgente, du fait du R de « Èèrh ».

  • Hèh : « je suis inconfortable »

Ce cri a de multiples variantes en fonction de la raison de l’inconfort : chaud, froid, couche pleine… Il faut repérer un H doux, comme un souffle dans le pleur.

Puis vers 12 semaines, votre bébé sera capable de vous signifier qu’il se sent seul (« Lelaol »), qu’il a mal aux dents (« Guèn »), qu’il a soif (« Nah »), ou juste qu’il n’en peut plus (« Ouin ») !

Je pense sincèrement qu’en apprenant à reconnaitre tous ces sons et en répondant aux besoins de nos bébés, nous contribuons à mettre en place une relation de confiance entre eux et nous, et surtout, que nous gagnons en confiance dans notre rôle de parent.

Pour plus de précisions, n’hésitez pas à vous procurer le livre « Il pleure, que dit-il », de Priscilla Dunstan, qui vous donnera aussi plein de bons conseils sur comment apaiser votre bébé en fonction des sons que vous aurez reconnus. A mettre entre les mains de tous les nouveaux et futurs parents !

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